Comment identifier les risques associés à un investissement
Risque de marché, de liquidité, de crédit, de change, de concentration : comment les repérer et lire les indicateurs publiés, sans promesse de rendement.
Laura Grosjean · Rédactrice
Publié le

Fiche de vérification
- Sources : 6
- Mis à jour le : 29/10/2026
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Points à retenir
- Un risque d'investissement n'est pas une perte certaine : c'est la possibilité que la valeur d'un placement baisse, qu'il soit difficile à revendre ou que le rendement espéré ne soit pas au rendez-vous.
- Quatre éléments de situation pèsent sur le niveau de risque qu'un épargnant peut supporter.
- Le profil de risque se construit sur deux piliers. La capacité est objective : situation financière, horizon, besoins.
- Chaque type de placement porte une combinaison propre de risques.
Identifier les risques d’un investissement, c’est comprendre de quelles façons un placement peut perdre de la valeur, rester bloqué ou rapporter moins que prévu. Cette page présente les principaux types de risques, les notions qui servent à les mesurer et la manière dont les professionnels les mettent en regard de la situation d’un épargnant. Elle informe ; elle ne dit pas quel placement choisir.
Qu’est-ce qu’un risque d’investissement ?
Un risque d’investissement n’est pas une perte certaine : c’est la possibilité que la valeur d’un placement baisse, qu’il soit difficile à revendre ou que le rendement espéré ne soit pas au rendez-vous. La perte en capital est la conséquence la plus redoutée ; elle peut venir de sept types de risques principaux, présentés ci-dessous.
Le risque de marché est la variation du prix de l’actif lui-même. Une action dont le cours chute, une obligation dont le prix baisse parce que les taux montent : c’est du risque de marché. Le risque de liquidité, c’est la difficulté à revendre rapidement sans accepter un prix nettement plus bas. Une SCPI, par exemple, peut connaître des périodes où les demandes de retrait restent en attente faute d’acheteurs ; l’argent n’est alors pas disponible au moment voulu.
Le risque de crédit apparaît dès qu’on prête de l’argent : l’emprunteur (État, entreprise) peut faire défaut et ne pas rembourser. C’est le risque principal d’une obligation émise par une entreprise fragile ou un État en difficulté. Le risque de change touche les placements libellés en devise étrangère : si l’euro s’apprécie face à cette devise, la valeur du placement, une fois reconvertie en euros, diminue. Le risque de concentration naît d’un portefeuille réparti sur trop peu d’actifs, d’émetteurs ou de secteurs. Dans sa cartographie des marchés et des risques publiée en juillet 2026, l’AMF relève justement la forte concentration des grands indices boursiers et de leurs performances sur un nombre limité de grandes valeurs technologiques, ce qui accroît l’exposition aux chocs sur ce secteur.
Le risque de taux concerne surtout les obligations : si les taux d’intérêt montent, la valeur de marché d’une obligation déjà émise baisse, car les nouvelles obligations offrent un rendement plus élevé et l’ancienne doit se revendre moins cher pour rester attractive. Enfin, le risque réglementaire ou fiscal découle d’un changement de règles : modification de la fiscalité des placements, nouvelles conditions de blocage, révision des droits de succession.
Situation financière et objectifs : ce qui entre en jeu
Quatre éléments de situation pèsent sur le niveau de risque qu’un épargnant peut supporter.
La capacité financière d’abord : existe-t-il une épargne de précaution (un repère souvent cité est de trois à six mois de dépenses courantes), et quelle somme peut rester immobilisée sans gêner le quotidien ? Une épargne de secours réduite limite la capacité à encaisser une baisse, même chez une personne psychologiquement prête à prendre des risques.
L’horizon de placement ensuite : combien de temps l’argent peut-il rester investi sans être nécessaire ? On parle généralement de court terme en dessous de trois ans, de moyen terme entre trois et dix ans, de long terme au-delà. Plus l’horizon est court, moins il reste de temps pour attendre qu’un placement retrouve sa valeur après une baisse.
Les objectifs patrimoniaux jouent aussi : reconstituer une épargne, préparer la retraite, financer un projet, transmettre un capital ne supposent pas le même niveau de risque acceptable. Enfin, l’expérience compte : avoir déjà investi, connaître le fonctionnement d’une assurance-vie, d’une action ou d’une obligation. Les professionnels sont d’ailleurs tenus d’interroger leurs clients sur ces connaissances.
Le profil de risque : capacité et tolérance
Le profil de risque se construit sur deux piliers. La capacité est objective : situation financière, horizon, besoins. La tolérance est subjective : c’est le confort psychologique face aux fluctuations. Pour l’approcher, les questionnaires posent souvent des questions de mise en situation, du type « si votre portefeuille perdait 15 % en un mois, que feriez-vous ? ».
Ce profil est établi par le professionnel, pas par une page d’information. Lorsqu’un prestataire fournit un conseil en investissement ou gère un portefeuille pour le compte d’un client, la directive européenne MiFID II (2014/65/UE, applicable depuis le 3 janvier 2018) l’oblige à recueillir des informations sur ses connaissances, son expérience, sa situation financière, dont sa capacité à subir des pertes, et ses objectifs, afin de vérifier que ce qu’il propose est adéquat. Les grilles les plus courantes distinguent trois profils : Prudent (faible tolérance, priorité à la préservation du capital), Équilibré (tolérance modérée, compromis entre rendement et sécurité) et Dynamique (forte tolérance, priorité au rendement à long terme).
À titre indicatif, un profil Prudent cherche une allocation plutôt axée sur les obligations et les liquidités, un profil Équilibré vise une répartition mixte, et un profil Dynamique accepte une proportion d’actions bien plus importante. Ces profils ne sont pas figés : ils évoluent avec l’âge, le patrimoine accumulé et les changements de vie.
Les risques spécifiques aux placements courants
Chaque type de placement porte une combinaison propre de risques. Voici les grandes lignes pour les placements les plus courants.
Les fonds en euros (dans un contrat d’assurance-vie ou un PER assurantiel) offrent une garantie du capital par l’assureur, déduction faite des frais prélevés par le contrat ; cette garantie repose sur la solidité financière de l’assureur. Le rendement peut être modeste. Le rachat reste possible à tout moment, ce qui limite le risque de liquidité. Les unités de compte (UC, également proposées en assurance-vie et en PER assurantiel) ne bénéficient d’aucune garantie en capital : leur valeur suit celle des actifs sous-jacents et peut baisser fortement.
Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) exposent à la fois au risque du marché immobilier et à un risque de liquidité marqué : un retrait n’est possible que si un acheteur se présente ou si la SCPI dispose de fonds pour rembourser, et les demandes peuvent rester bloquées longtemps. Les actions (en direct ou via un fonds) comportent un risque de marché élevé mais se revendent facilement lorsqu’elles sont cotées. Les obligations dépendent fortement de la qualité de crédit de l’émetteur : plus sa note est basse, plus le risque de défaut est élevé.
Un PER bancaire fonctionne comme un compte-titres : il est investi en titres financiers, mais ne propose ni fonds en euros ni unités de compte, ces supports étant propres aux contrats d’assurance. Un PER assurantiel donne accès aux deux. Dans les deux cas, l’épargne est bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
Côté fiscalité, depuis le 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % sur la plupart des revenus du capital, après une hausse de 1,4 point de la CSG ; l’assurance-vie et les contrats de capitalisation restent à 17,2 % (source : service-public.gouv.fr, fiche F2329). Les règles fiscales de 2027 dépendront de la loi de finances, dont le vote est attendu fin décembre 2026.
Comprendre les indicateurs clés de risque
Quelques notions permettent de mesurer et de comparer les risques. La volatilité mesure l’amplitude des variations de prix : une volatilité élevée signifie que le prix varie fortement d’une période à l’autre. La diversification réduit le risque global sans le supprimer : répartir son argent entre différents actifs (actions, obligations, zones géographiques) limite l’effet d’un choc isolé. Le proverbe « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » résume ce principe.
L’allocation d’actifs, c’est-à-dire la répartition entre actions, obligations, liquidités et autres actifs, détermine en grande partie le risque total d’un portefeuille. Une allocation fortement orientée vers les actions a un potentiel de rendement plus élevé, sans aucune garantie, et une volatilité plus forte ; une allocation dominée par les obligations ou les liquidités réduit la volatilité mais limite aussi le potentiel de rendement. C’est sur cette répartition que s’appuie le professionnel une fois le profil établi.
Enfin, la notation de crédit (AAA, AA, A, BBB, etc., selon l’échelle de S&P et de Fitch) exprime l’avis d’une agence sur le risque de défaut d’un emprunteur. AAA correspond au risque jugé le plus faible ; de AAA à BBB-, on parle de catégorie « investissement » ; en dessous de BBB-, de catégorie « spéculative », au risque de défaut plus élevé. Une note est une opinion, révisable, et non une garantie.
L’adéquation entre un profil et les risques d’un placement
La dernière étape, menée par le professionnel, est la vérification d’adéquation : les risques du placement envisagé sont-ils cohérents avec la capacité et la tolérance établies ?
Deux exemples d’incohérence souvent cités : un profil Prudent placé sur une allocation très orientée vers les actions risque d’être tenté de vendre pendant une forte baisse, et donc de concrétiser une perte ; à l’inverse, un profil Dynamique placé presque uniquement en fonds en euros prend peu de risque de perte en capital, mais renonce au potentiel de rendement qu’il était prêt à rechercher, un manque à gagner qui pèse sur une longue durée.
L’horizon compte également : un placement peu liquide comme une SCPI est généralement jugé peu cohérent avec un besoin d’argent à court terme, quel que soit le profil. Sur un horizon long, l’illiquidité pèse moins, puisque l’argent n’est pas censé être retiré avant longtemps. C’est pour cela que l’évaluation porte à la fois sur la capacité et sur la tolérance : l’objectif est une proposition adaptée à la personne, pas à une catégorie d’âge.
Ce que cette page ne remplace pas
Cette page est une information générale sur la façon d’identifier et d’évaluer les risques d’investissement. Elle n’est pas un conseil personnalisé. Elle ne couvre pas les rendements 2026 des fonds en euros (non publiés avant janvier 2027), les règles fiscales de 2027 (loi de finances non votée), les frais exacts de chaque produit (indiqués dans son document d’informations clés), ni l’évolution future du droit de la retraite, autant de points qui changent régulièrement.
Tout placement autre que les livrets réglementés (Livret A, LDD, etc.) comporte un risque de perte en capital. Avant de souscrire à un produit, lisez toujours son document d’informations clés (DIC) et, si votre situation est complexe ou si vous découvrez le monde de l’investissement, faites-vous accompagner par un professionnel immatriculé à l’ORIAS (vérifiable sur orias.fr).
Sources
- AMF Cartographie 2026 des marchés et des risques, consulté le 29/10/2026
- AMF alerte risques géopolitiques et cyber 2026, consulté le 29/10/2026
- Service-public.gouv.fr F2329 — prélèvements sociaux, consulté le 22/09/2026
- N26 : tolérance au risque, consulté le 29/10/2026
- Goodvest : profil de risque investisseur, consulté le 29/10/2026
- Sinvestir : profil de risque investisseur, consulté le 29/10/2026


