Fiscalité LMNP : micro-BIC, régime réel et ce qui a changé
Découvrez les deux régimes fiscaux du LMNP en 2026 : micro-BIC avec plafond de 83 600 € et régime réel. Abattements, charges et implications à la revente.
Thomas Beaufort · Journaliste
Publié le

Fiche de vérification
- Sources : 8
- Mis à jour le : 30/10/2026
13 minutes de lecture
Points à retenir
- Le LMNP désigne la location meublée non professionnelle.
- Le régime micro-BIC est le régime par défaut pour les loueurs meublés dont les recettes n'excèdent pas le plafond en vigueur.
- Le régime réel vous permet de déduire toutes vos charges effectives de vos recettes pour déterminer votre revenu imposable.
- Le choix entre micro-BIC et régime réel dépend de quatre critères : le volume de vos recettes, l'importance de vos charges réelles, votre horizon temporel et votre capacité à gérer une comptabilité plus complexe.
La fiscalité du LMNP (location meublée non professionnelle) repose sur deux régimes distincts : le micro-BIC et le régime réel. En 2026, le plafond micro-BIC est fixé à 83 600 € de recettes annuelles pour la longue durée, avec un abattement forfaitaire de 50 % ; pour les meublés de tourisme non classés, le plafond est de 15 000 € avec un abattement de 30 % (contre 50 % avant 2025). Le choix entre ces deux régimes dépend du volume de vos recettes et de l’importance de vos charges réelles, avec des implications différentes à la revente du bien.
Qu’est-ce que le LMNP : définition et cadre fiscal
Le LMNP désigne la location meublée non professionnelle. Vous êtes loueur meublé non professionnel si vous louez un ou plusieurs logements meublés à titre habituel, sans que cette activité ne constitue votre profession principale. À la différence du LMP (loueur meublé professionnel), le LMNP ne requiert pas un seuil de revenu minimal ni un statut professionnel particulier.
Les revenus issus de la location meublée en LMNP sont catégorisés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et non comme des revenus fonciers (qui s’appliquent à la location nue). Le LMNP exclut également les montages via SCI ou autres structures sociétaires : vous louez le bien en direct, en tant que particulier.
Deux régimes fiscaux vous sont ouverts : le régime micro-BIC (forfaitaire, simplifié) et le régime réel (avec déduction des charges effectives). Le choix initial se fait à la déclaration de début d’activité ; il peut être modifié ultérieurement selon votre situation.
Comparatif des offres — relevé le 30/10/2026
| Offre | Coût / taux | Condition | Atout | Limite |
|---|---|---|---|---|
| SCPI Mistral Sélection (via BoursoBank)Mis en avantBoursoBank (distributeur)Voir l’offre BoursoBank | 0 % de frais d'entrée ; ticket dès 180 € ; objectif de distribution 2026 d'au moins 7,5 % (non garanti) | Aucune | Souscription sans frais d'entrée dès 180 € | Frais de 5 % en cas de revente avant 6 ans ; risque de perte en capital, faible liquidité |
| SCPI Sofidynamic (via BoursoBank)Mis en avantSofidy (distribué par BoursoBank)Voir l’offre BoursoBank | 2 % de frais d'entrée ; part à 320 € ; taux de distribution 2025 : 9,04 % | Aucune | Ticket d'entrée de 320 € avec taux de distribution 2025 de 9,04 % | Frais de 5 % en cas de revente avant 8 ans ; taux non garanti (objectif 7 % sur 8 ans selon Sofidy) |
| SCPI CORUM OriginCORUM L'ÉpargneSite officiel ↗ | Part à 1 135 € ; frais de souscription 11,96 % TTC (environ 135,79 €/part) ; taux de distribution 2025 : 6,50 % | Aucune | Taux de distribution 2025 de 6,50 % (dont 5,93 % régulier) ; TRI depuis création 6,94 % | Frais de souscription élevés ; performance non garantie |
| SCPI PERIAL O2PERIAL Asset ManagementSite officiel ↗ | Taux de distribution 2025 : 4,65 % ; commission de souscription 10,2 % TTC | Aucune | Taux de distribution 2025 de 4,65 % | Commission de souscription de 10,2 % TTC |
| SCPI PERIAL Opportunités TerritoiresPERIAL Asset ManagementSite officiel ↗ | Taux de distribution 2025 : 7,50 % ; commission de souscription 13,2 % TTC | Aucune | Taux de distribution 2025 de 7,50 % | Commission de souscription de 13,2 % TTC |
| SCPI SofiboutiqueSofidySite officiel ↗ | Taux de distribution 2025 : 5,14 % ; frais de souscription 10 % HT (12 % TTC) | Aucune | Taux de distribution 2025 de 5,14 % | Frais de souscription de 12 % TTC |
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Le régime micro-BIC en 2026 : plafonds, abattements et fonctionnement
Le régime micro-BIC est le régime par défaut pour les loueurs meublés dont les recettes n’excèdent pas le plafond en vigueur. Vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire appliqué directement à vos recettes, sans justifier vos charges réelles.
Plafonds et abattements 2026 :
- Location meublée longue durée : plafond de 83 600 € de recettes annuelles, abattement forfaitaire de 50 %. Si vous louez un bien meublé à l’année à titre habituel, ce plafond et cet abattement s’appliquent tant que vous demeurez en dessous du seuil.
- Meublés de tourisme non classés : plafond de 15 000 € de recettes annuelles, abattement forfaitaire de 30 %. Cette catégorie concerne les locations saisonnières ou à courte durée, non classées au titre de meublé de tourisme.
Changement fiscal 2025. Depuis la loi du 19 novembre 2024 (dite « loi Le Meur »), l’abattement micro-BIC des meublés de tourisme non classés a été réduit de 50 % à 30 %. Cette baisse s’applique aux revenus perçus à partir de 2025. Un loueur en meublé de tourisme non classé voit sa fiscalité s’alourdir, puisque l’impôt est calculé sur une base plus importante (la part des recettes qui ne bénéficie pas de l’abattement augmente).
Fonctionnement de l’abattement forfaitaire. En régime micro-BIC, vous ne justifiez pas vos frais réels auprès de l’administration. L’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire sur l’ensemble de vos recettes. Cet abattement représente un taux fixe (50 % en longue durée, 30 % en tourisme non classé). Le montant restant après application de l’abattement constitue votre revenu imposable au titre du LMNP, imposable ensuite au barème progressif de l’impôt sur le revenu de votre foyer fiscal, selon votre tranche marginale d’imposition et votre composition familiale.
Avantage du micro-BIC : déclaration simple, pas de justification de charges ni de comptabilité lourde. Limite : vous ne pouvez pas déduire vos frais réels (intérêts d’emprunt, assurances, taxe foncière, travaux), même s’ils dépassent en montant le résultat de l’abattement forfaitaire appliqué à vos recettes.
Le régime réel : déduction des charges et conditions d’accès
Le régime réel vous permet de déduire toutes vos charges effectives de vos recettes pour déterminer votre revenu imposable. Ce régime devient généralement avantageux si vos charges réelles excèdent le montant que représenterait l’abattement forfaitaire du micro-BIC appliqué à vos recettes.
Charges déductibles en régime réel :
- Intérêts d’emprunt (le capital emprunté n’est pas déductible, seulement les intérêts).
- Assurances multirisques habitation et responsabilité civile.
- Taxe foncière et contributions foncières.
- Charges de copropriété, si applicable.
- Travaux d’entretien, de réparation, de maintenance du bien et du mobilier.
- Dépenses de gestion : honoraires du syndic ou d’un gestionnaire locatif, frais administratifs.
- Amortissement du logement (hors terrain) et du mobilier, qui étale leur coût d’achat sur plusieurs années.
Important : réintégration des amortissements à la cession. Depuis la loi de finances 2025 (article 84), pour les ventes réalisées à compter du 15 février 2025, les amortissements du logement que vous avez déduits pendant la location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value immobilière (ils diminuent le prix d’acquisition retenu). Les amortissements du mobilier ne sont pas concernés, et les logements situés en résidences services (étudiants, seniors, Ehpad) sont exclus de cette réintégration. Concrètement, cela signifie que vous paierez un impôt plus élevé à la cession si vous avez opté pour le régime réel. Si vous avez bénéficié de déductions d’amortissements substantielles au fil des années, ce cumul réintégré à la revente constituera une augmentation significative de votre base imposable en matière de plus-value. Cet élément est majeur et doit peser fortement dans votre choix initial.
Conditions d’accès. Vous passez obligatoirement au régime réel lorsque vos recettes dépassent le plafond micro-BIC deux années consécutives. Vous pouvez également demander l’option volontaire pour le régime réel même en dessous du plafond, si vous estimez que vos charges réelles justifient cette démarche. Une fois en régime réel, vous restez soumis à ce régime l’année suivante, sauf demande expresse de retour au micro-BIC (conditions à vérifier auprès de votre centre des finances publiques).
Comparaison micro-BIC et régime réel : quel régime choisir
Le choix entre micro-BIC et régime réel dépend de quatre critères : le volume de vos recettes, l’importance de vos charges réelles, votre horizon temporel et votre capacité à gérer une comptabilité plus complexe.
- Micro-BIC convient si : recettes annuelles sous le plafond de 83 600 € (longue durée) ou 15 000 € (tourisme non classé), charges réelles estimées inférieures à ce que représenterait l’abattement forfaitaire appliqué à vos recettes, absence d’emprunt lourd ou de travaux fréquents, et vous souhaitez une déclaration simplifiée.
- Régime réel convient si : charges réelles importantes (emprunt conséquent, travaux fréquents, gestion externalisée), recettes élevées, et vous acceptez une comptabilité plus lourde. Attention : la réintégration des amortissements à la cession réduira votre avantage fiscal final et majorera la base imposable de votre plus-value.
- Durée de détention : plus vous louez longtemps au réel, plus le cumul d’amortissements réintégrés à la revente est élevé ; mais la plus-value bénéficie aussi d’abattements pour durée de détention, qui l’exonèrent d’impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. C’est donc en cas de revente avant ces échéances que la réintégration alourdit votre impôt.
Un loueur avec recettes modérées mais charges réelles importantes comparera les deux régimes attentivement. En micro-BIC, un abattement forfaitaire unique s’applique sur l’ensemble des recettes, sans justification de frais réels. En régime réel, toutes les charges déductibles (intérêts d’emprunt, assurances, travaux, gestion) se déduisent des recettes avant détermination du revenu imposable. À première vue, le régime réel paraît avantageux si vos charges réelles dépassent en montant ce qu’il adviendrait de l’abattement forfaitaire en micro-BIC.
Mais la fiscalité à long terme change le calcul. En régime réel, les amortissements déduits annuellement s’accumulent ; à la revente, après plusieurs années de location, ce cumul devient significatif et doit être réintégré à la plus-value imposable. Un loueur qui a bénéficié d’avantages fiscaux en cours de location paiera un impôt plus élevé au moment de la cession. C’est pourquoi le choix initial du régime doit tenir compte de ces deux horizons distincts : court terme (déductions annuelles qui réduisent l’impôt) contre long terme (réintégration à la revente qui l’augmente).
Réformes 2024–2025 : ce qui a changé pour les LMNP
Loi du 19 novembre 2024 (« loi Le Meur »). Cette loi a réduit l’abattement micro-BIC des meublés de tourisme non classés, de 50 % à 30 %. Cette baisse s’applique aux revenus 2025 et suivants. Concrètement, un loueur en meublé de tourisme non classé voit la part de ses recettes bénéficiant de l’abattement diminuer : une plus grande portion des recettes perçues devient imposable. C’est un changement défavorable qui mérite attention si vous exploitez ce type de bien.
Loi de finances 2025 (promulguée 14 février 2025). L’article 84 introduit la réintégration obligatoire des amortissements déduits au cours de la période de location, au titre de l’impôt sur le revenu, lors de la cession du bien. Cette mesure s’applique aux cessions réalisées à compter du 15 février 2025, sauf pour les résidences services (étudiants, seniors, Ehpad). Elle affecte fortement les loueurs en régime réel, car elle augmente la base de calcul de la plus-value imposable.
Calendrier et application. Les modifications de la « loi Le Meur » s’appliquent aux revenus déclarés pour 2025 (impôt payable en 2026). Les loueurs en place ont dû adapter leur déclaration en 2026 pour les revenus 2025. La réintégration des amortissements concerne les cessions réalisées depuis le 15 février 2025. Un loueur qui demande le régime réel ou qui le pratiquait déjà doit anticiper cet impact à la revente, même si le bien a été acheté avant l’entrée en vigueur de la réforme.
Cession du bien : plus-value et impact de la réforme 2025
La revente d’un bien LMNP par un particulier relève du régime des plus-values immobilières des particuliers. La plus-value est égale au prix de vente diminué du prix d’acquisition, majoré de certains frais et travaux et, depuis 2025, diminué des amortissements réintégrés.
Imposition de la plus-value. La plus-value nette est imposée au taux forfaitaire de 19 % d’impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux, avec une surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value. Des abattements pour durée de détention (et non de location) réduisent la base imposable à partir de la sixième année : exonération d’impôt sur le revenu après 22 ans, de prélèvements sociaux après 30 ans. Vous devez vérifier les taux et conditions exacts auprès de votre centre des finances publiques ou d’un expert-comptable, car ces règles peuvent être complexes et dépendent de votre situation particulière.
Impact de la réintégration des amortissements (2025). Si vous avez opté pour le régime réel, les amortissements du logement et des travaux que vous avez déduits (hors mobilier) viennent diminuer le prix d’acquisition retenu, ce qui augmente d’autant la plus-value imposable, avant application des abattements pour durée de détention. Cet ajout peut être très substantiel après de nombreuses années de location. Un bien dont vous avez déduit des amortissements importants au fil du temps verra sa plus-value majorée au moment de la revente, puisque la base imposable comprendra à la fois la plus-value brute et la totalité des amortissements réintégrés. L’impôt dû à la revente peut donc être nettement plus élevé, surtout en cas de vente avant 22 ans de détention. Ce point est décisif dans votre choix initial de régime et nécessite une réflexion sur l’horizon temporel de votre investissement.
Obligations déclaratives et TVA
Déclaration annuelle sur la 2042. En régime micro-BIC, vous déclarez le montant brut de vos recettes sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, rubrique des locations meublées non professionnelles ; l’abattement est appliqué automatiquement. En régime réel, vous déposez une liasse fiscale (déclaration 2031 et annexes 2033), puis reportez le résultat sur la 2042-C-PRO. Votre centre des finances publiques ou un expert-comptable peuvent vous conseiller sur le format et les justificatifs à conserver.
Délais de déclaration. La déclaration annuelle s’effectue lors de votre déclaration de revenus globale, selon le calendrier officiel. Les délais peuvent varier selon votre situation ou votre mode de déclaration (papier ou dématérialisée).
TVA. La location meublée à usage d’habitation (longue ou courte durée, classée ou non) est en principe exonérée de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos locataires, et vous ne la récupérez pas sur vos achats. Aucun dossier TVA à tenir ni déclaration TVA spécifique à déposer. Exception : la TVA s’applique si vous fournissez au moins trois des quatre prestations para-hôtelières (petit-déjeuner, nettoyage régulier des locaux, fourniture du linge de maison, réception de la clientèle) ; vérifiez votre situation auprès de votre service des impôts des entreprises.
Dans la rubrique Immobilier, à lire aussi : Frais de notaire pour l'achat d'une maison ; SCPI en assurance vie ; Étapes d'un achat immobilier.
Limites du LMNP et avertissement
Le LMNP n’est pas un produit d’épargne ou de défiscalisation. Contrairement à certains produits financiers (assurance-vie, PEA, PEL), le LMNP ne propose aucune enveloppe fiscale privilégiée. C’est une activité de location qui génère des revenus imposables au barème progressif de votre foyer. Votre argent reste immobilisé dans le bien jusqu’à sa revente ; vous ne pouvez pas y accéder rapidement sans vendre. Les loyers ne sont pas garantis (vacance, impayés) et le prix du bien peut baisser : vous pouvez perdre une partie du capital investi.
Complexité croissante en régime réel. Passer au régime réel entraîne des obligations comptables et de gestion administratives plus lourdes. La présence d’un expert-comptable immatriculé à l’Ordre ou d’un conseiller fiscal ayant les qualifications requises devient utile, voire indispensable, pour optimiser votre déclaration, justifier vos charges et anticiper la réintégration des amortissements à la revente.
Cet article est une information générale, pas un conseil personnalisé en fiscalité. Votre situation fiscale dépend de votre taux marginal d’imposition personnel, de votre composition familiale, de vos autres sources de revenus et de votre stratégie patrimoniale à long terme. Avant de choisir votre régime LMNP ou de planifier une revente, consultez votre centre des finances publiques, un expert-comptable immatriculé, ou un conseiller fiscal qualifié pour adapter ces principes à votre cas particulier.
Sources
- rydge.fr, consulté le 30/10/2026
- construires.fr, consulté le 30/10/2026
- legalstart.fr, consulté le 30/10/2026
- jedeclaremonmeuble.com, consulté le 30/10/2026
- jedeclaremonmeuble.com, consulté le 30/10/2026
- manda.fr, consulté le 30/10/2026
- actus.foncia.com, consulté le 30/10/2026
- Pages officielles des établissements cités dans le tableau comparatif, consultées le 30/10/2026 (liens dans le tableau).


