Où placer son argent en 2026 : les options selon l’horizon
Où placer son argent en 2026 selon votre profil. Six solutions : livrets, assurance-vie, PER, compte-titres, SCPI, CEL. Cinq questions avant de choisir.
Sophie Lefebvre · Rédactrice spécialisée
Publié le

Fiche de vérification
- Sources : 7
- Mis à jour le : 30/10/2026
12 minutes de lecture
Points à retenir
- Vous êtes micro-entrepreneur, apprenti, retraité modeste ou parent au foyer.
- Vous cherchez à placer votre argent, mais vous en aurez probablement besoin dans les deux prochaines années.
- Vous êtes salarié, indépendant rentable ou fonctionnaire, avec une situation stable.
- Vous êtes travailleur non-salarié (indépendant, profession libérale) ou vous venez de recevoir une prime ou un bonus important.
Où placer son argent en 2026 dépend entièrement de votre situation : votre revenu, votre horizon d’investissement, votre besoin d’accès rapide à vos fonds, votre statut fiscal et votre âge. Il n’existe pas de placement idéal pour tous. Selon votre profil, plusieurs solutions s’offrent à vous : les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP), l’assurance-vie, le Plan d’épargne retraite et le compte-titres. Hormis les livrets réglementés, aucun de ces placements n’est totalement sans risque : certains exposent à une perte en capital.
Cinq questions avant de choisir votre placement
Avant de souscrire quoi que ce soit, posez-vous ces cinq questions. Premièrement, quel est votre horizon d’investissement ?
Avez-vous besoin de cet argent dans moins d’un an, entre un et cinq ans, ou bien plus de cinq ans ? Deuxièmement, avez-vous besoin d’accéder à votre argent rapidement en cas d’urgence ? Troisièmement, quel est votre statut fiscal : êtes-vous salarié, travailleur non-salarié (TNS, indépendant), retraité ?
Quatrièmement, êtes-vous seul ou en couple aux yeux de la fiscalité ?
Cela change les plafonds et les abattements. Cinquièmement, à quelle tranche marginale d’impôt sur le revenu appartenez-vous ? Consultez votre dernier avis d’imposition pour le savoir. Quelqu’un qui paie peu d’impôt n’a pas le même intérêt à ouvrir un Plan d’épargne retraite qu’une personne imposée à 30 ou 41 pour cent. Ces cinq questions forment votre diagnostic.
Comparatif des offres — relevé le 30/10/2026
| Offre | Coût / taux | Condition | Atout | Limite |
|---|---|---|---|---|
| Livret Bourso+Mis en avantBoursoBankOuvrir un compte BoursoBank | 1,50 % brut/an (2,50 % brut avec l'offre Metal) - taux annoncé au 01/11/2025 sur la page, susceptible de modification | Compte BoursoBank requis ; dépôt initial de 10 € | Aucun plafond de dépôt, versements illimités | Taux libre fixé par la banque, modifiable à tout moment ; 2,50 % réservé à l'offre Metal payante |
| PEA BoursoBankMis en avantBoursoBankOuvrir un compte BoursoBank | Courtage dès 0,50 € (hors Boursomarkets) ; forfait Découverte : 1,99 € jusqu'à 500 € puis 0,60 % ; plafonné à 0,5 % du montant de l'ordre ; 0 € de droits de garde | Aucune condition particulière | Boursomarkets (OPC, ETF...) sans frais de courtage | Transfert sortant 15 €/ligne (150 € max par compte) ; grille variable selon la formule |
| BoursoVie (assurance vie)Mis en avantBoursoBankOuvrir un compte BoursoBank | 0 € de frais d'entrée ; 0,75 % max/an de frais de gestion sur les unités de compte et fonds en euros | Aucune condition de revenus | Pas de frais d'entrée ; SCPI accessibles dès 25 € | Les pages BoursoBank ne concordent pas sur tous les contrats (0,85 % max pour Ex Direct) ; vérifier la notice |
| Fortuneo Vie (assurance vie)FortuneoSite officiel ↗ | 0 € de frais d'adhésion, versements, arbitrages et sortie ; gestion libre : 0,60 % (fonds en euros Suravenir Rendement 2) et 0,75 % (unités de compte) ; gestion sous mandat UC 0,85 % | Aucune | Pas de frais d'entrée ni de sortie | Frais spécifiques sur SCPI, SCI, OPCI et ETF ; vérifier la notice |
| Livret APouvoirs publics / banques (taux réglementé)Site officiel ↗ | 1,7 % depuis le 01/08/2026 | Aucune | Taux fixé par l'État, capital garanti, intérêts non imposables | Plafond de dépôt de 22 950 € (particulier) |
| Livret d'épargne populaire (LEP)Pouvoirs publics / banques (taux réglementé)Site officiel ↗ | 2,5 % maintenu depuis le 01/08/2026 | Revenu fiscal de référence sous un plafond fixé chaque année | Taux plus élevé que le Livret A | Réservé aux ménages sous plafond de revenus |
| PEA Trade RepublicTrade RepublicSite officiel ↗ | Ouverture gratuite ; 1 € par transaction ponctuelle (hors plans d'épargne) | Aucune | Pas de frais sur les plans d'épargne | Frais de gestion des ETF et spreads à la charge de l'investisseur ; pages incohérentes sur certains frais |
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Contenu informatif, pas un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Hors livrets réglementés et fonds en euros, tout placement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Si vous n’avez pas beaucoup de revenus
Vous êtes micro-entrepreneur, apprenti, retraité modeste ou parent au foyer. Dans ces cas, les livrets réglementés suffisent largement pour la majorité de votre épargne. Le Livret A, le LDDS (Livret de développement durable et solidaire), et le LEP (Livret d’épargne populaire, sous conditions de revenus) offrent tous une exonération complète de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux sur les intérêts.
Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent tous deux 1,70 pour cent par an. Le LEP rapporte 2,50 pour cent pour les personnes aux revenus modestes. Ces taux sont fixés par l’État, et l’argent déposé ne court aucun risque de perte en capital. Chaque livret possède un plafond : le Livret A plafonné à 22 950 euros, le LDDS à 12 000 euros, et le LEP à 10 000 euros. Vous pouvez avoir plusieurs livrets en parallèle.
Un Plan d’épargne retraite aurait peu d’intérêt fiscal dans votre situation : la déduction d’impôt sur le revenu est minime si vous payez peu ou pas d’impôt. L’assurance-vie classique pourrait valoir la peine seulement si vous laissiez votre argent investi au minimum huit ans, après quoi vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains. Pour un petit épargnant, cet avantage peut être négligeable.
Si vous avez besoin de votre argent à court terme
Vous cherchez à placer votre argent, mais vous en aurez probablement besoin dans les deux prochaines années. Un mariage, des travaux, un achat prévu : la date est fixée et certaine. Dans ce cas, votre choix se réduit drastiquement. Ne cherchez pas un compte-titres, qui vous expose à un risque de perte en capital. Ne souscrivez pas une assurance-vie complexe, où les rachats anticipés avant quelques années peuvent coûter cher. N’envisagez absolument pas un Plan d’épargne retraite, car cet argent est bloqué jusqu’à la retraite.
Les livrets réglementés répondent le mieux à ce besoin : Livret A et LDDS, ainsi que le LEP si vos revenus vous y donnent droit. Ils sont sans risque de perte en capital, sans frais, et vous pouvez retirer votre argent à tout moment sans pénalité. Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 pour cent, le LEP 2,50 pour cent. La prochaine révision de ces taux est prévue le 1er février 2027.
Si vous avez un revenu stable et un horizon long
Vous êtes salarié, indépendant rentable ou fonctionnaire, avec une situation stable. Vous n’aurez pas besoin de cet argent avant dix, vingt ou même trente ans. Dans ce cas, trois outils travaillent ensemble : le Plan d’épargne retraite d’abord, l’assurance-vie ensuite, et le compte-titres pour compléter.
Commencez par le Plan d’épargne retraite (PER), créé en 2019. Pourquoi en premier ? Parce que vous pouvez déduire vos versements de votre revenu imposable, ce qui réduit l’impôt que vous payez cette année. Le plafond pour un salarié dépend de vos revenus de l’année précédente. Il est fixé à 10 pour cent de vos revenus professionnels nets de l’année précédente, avec un minimum de 4 710 euros et un maximum de 37 680 euros pour les versements de 2026. Ce plafond est individuel : chaque membre d’un couple marié ou pacsé a le sien, et les deux plafonds peuvent être mutualisés. Votre avis fiscal indiquera votre plafond exact. Les plafonds que vous n’avez pas utilisés peuvent se reporter sur les trois années suivantes pour les reports nés avant 2026, ou sur cinq années pour les plafonds créés à partir de 2026.
Attention : depuis le 1er janvier 2026, tout versement effectué après 70 ans n’est plus déductible d’impôt. Si vous approchez cet âge, l’intérêt fiscal du PER diminue. Aussi, l’avantage fiscal du PER est un différé, non une suppression. Vous payez moins d’impôt cette année, mais vous paierez de l’impôt sur vos retraits du PER une fois à la retraite. C’est un avantage réel, mais limité.
Après avoir contribué au PER selon vos moyens, tournez-vous vers l’assurance-vie classique (hors PER). Pourquoi ? Parce qu’après huit ans de détention, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains retirés : 4 600 euros si vous êtes seul, 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé. Les gains au-delà de cet abattement supportent l’impôt sur le revenu au taux de 7,5 pour cent (12,8 pour cent pour la part des versements dépassant 150 000 euros) ou, sur option, au barème progressif, plus 17,2 pour cent de prélèvements sociaux : l’assurance-vie n’est pas concernée par la hausse à 18,6 pour cent appliquée depuis le 1er janvier 2026 aux autres placements. Attention : sur les supports en unités de compte, la valeur de votre épargne peut baisser et vous pouvez perdre une partie du capital investi.
Enfin, si le PER et l’assurance-vie ne suffisent pas, ouvrez un compte-titres pour acheter des actions ou des traceurs (ETF). Vous y avez toute liberté de choix, mais les plus-values réalisées comme les dividendes perçus sont imposés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 pour cent (12,8 pour cent d’impôt sur le revenu et 18,6 pour cent de prélèvements sociaux), sauf option pour le barème progressif. Les actions et les ETF peuvent perdre de la valeur, parfois durablement : n’y placez que de l’argent dont vous n’aurez pas besoin à court terme et dont vous acceptez de perdre une partie.
Si vous devez déduire rapidement avant le 31 décembre
Vous êtes travailleur non-salarié (indépendant, profession libérale) ou vous venez de recevoir une prime ou un bonus important. Vous voulez absolument diminuer votre impôt 2026 avant le 31 décembre. Le Plan d’épargne retraite est le principal placement qui permet de déduire vos versements de votre revenu imposable.
Pour un travailleur non-salarié, le plafond annuel est plus complexe que pour un salarié. Il représente 10 pour cent de votre bénéfice plus 15 pour cent de la fraction de votre bénéfice comprise entre une et huit fois le Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). En 2026, le PASS est fixé à 48 060 euros. Cela donne un minimum de 4 806 euros et un maximum de 88 911 euros selon vos revenus réels. Votre avis fiscal ou un expert-comptable peut vous calculer votre plafond exact.
Le versement doit être effectué avant le 31 décembre 2026 pour être déductible en 2026, avec déclaration lors de votre déclaration fiscale 2027. Les plafonds non utilisés en 2026 peuvent se reporter sur les cinq années suivantes. Rappel important : depuis 2026, tout versement effectué après 70 ans n’est plus déductible.
Si vous êtes retraité
Votre retraite est liquidée et vous percevez une pension stable. Le Plan d’épargne retraite perd souvent de son intérêt : la déduction ne profite qu’à ceux qui paient encore de l’impôt, et depuis le 1er janvier 2026 les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles. L’assurance-vie classique que vous aviez ouverte avant votre retraite reste attractive. Après huit ans, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 euros (seul) ou 9 200 euros (couple), et au-delà, les gains sont imposés à 24,7 pour cent (7,5 pour cent d’impôt sur le revenu et 17,2 pour cent de prélèvements sociaux), ou 30 pour cent pour la part des versements dépassant 150 000 euros. Les prélèvements sociaux de l’assurance-vie sont restés à 17,2 pour cent, quelle que soit la date d’ouverture du contrat.
Privilégiez les livrets réglementés pour votre épargne de sécurité courante : Livret A et LDDS à 1,70 pour cent, sans impôt sur les intérêts. Le CEL (1,25 pour cent depuis le 1er août 2026) peut servir si vous visez un achat immobilier, mais ses intérêts sont imposables (30 pour cent pour un CEL ouvert depuis 2018). Une part de votre patrimoine peut rester en assurance-vie si vous l’aviez constituée avant la retraite, surtout sur fonds en euros, moins exposée aux variations. Si vous aviez ouvert un Plan d’épargne retraite avant la retraite, vous pouvez le fermer à tout moment : vous retirerez soit un capital, soit une rente, selon les modalités du contrat. Les déblocages anticipés du PER (décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage) ne s’appliquent plus une fois la retraite liquidée.
Résumé des six placements principaux
Voici les caractéristiques de chacun : accès à votre argent, risque de perte en capital, imposition applicable, et situation pour laquelle il convient le mieux.
Les livrets A, LDDS et LEP conviennent à tous les profils pour une épargne sans risque exonérée d’impôt. L’assurance-vie convient aux épargnants qui visent un horizon d’au moins huit ans pour profiter de sa fiscalité, en acceptant un risque de perte sur les unités de compte. Le Plan d’épargne retraite s’adresse aux salariés et indépendants imposés qui souhaitent diminuer leur charge d’impôt immédiate. Le compte-titres attire ceux qui veulent choisir eux-mêmes leurs placements mais acceptent des variations de valeur.
Trois pièges à absolument éviter
Premier piège : confondre placement et enrichissement. Placer votre argent, ce n’est essentiellement que freiner l’érosion monétaire due à l’inflation. Un Livret A à 1,70 pour cent peut rapporter moins que l’inflation réelle sur certaines années. Un Plan d’épargne retraite investi en actions peut rapporter davantage, mais avec un risque de perte en capital. Aucun placement n’offre une garantie de rendement supérieur à l’inflation chaque année. Les frais de gestion en assurance-vie, les frais de courtage en compte-titres et l’imposition diminuent le rendement brut.
Deuxième piège : croire aux placements garantis à rendement très élevé. Aucun établissement régulé (banque, assureur) ne propose actuellement de rendement garanti sans risque qui dépasserait nettement les taux des livrets réglementés. Si quelqu’un vous promet un placement « sûr » avec un rendement alléchant, vérifiez d’abord que cet intermédiaire est immatriculé à l’Orias (le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance) et qu’il ne figure pas sur les listes noires de l’AMF. Sinon, c’est potentiellement une arnaque.
Troisième piège : croire que le Plan d’épargne retraite élimine vos impôts. Il les diffère seulement. Vous payez moins d’impôt cette année parce que votre revenu imposable diminue du montant versé. À la retraite, lors de vos retraits, vous paierez un impôt sur les sommes retirées. Le déblocage anticipé pour acheter votre résidence principale est possible, mais il n’efface pas l’impôt : si vos versements ont été déduits, le capital retiré est soumis à l’impôt sur le revenu et les gains au prélèvement forfaitaire unique. Seuls certains accidents de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage) permettent de récupérer le capital sans impôt sur le revenu. Vérifiez les conditions de déblocage anticipé de votre contrat avant de signer.
Dans la rubrique Épargne et placements, à lire aussi : Livret d'épargne populaire (LEP) ; Meilleur compte à terme ; Livret d'épargne.
Vérifier la légitimité et s’informer
Avant d’ouvrir un compte ou de souscrire un produit, assurez-vous que votre interlocuteur est autorisé à agir. Consultez le registre Orias pour vérifier qu’un conseiller en investissements est enregistré. Consultez la liste noire de l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour vous assurer qu’aucun avertissement n’existe contre l’établissement ou le conseiller.
Les taux officiels des livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP, CEL) sont publiés deux fois par an, le 1er février et le 1er août. Vous pouvez les consulter auprès de votre banque ou sur le site de la Banque de France. Votre plafond de versement exact au Plan d’épargne retraite figure sur votre avis d’impôt et dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr. Service-public.gouv.fr résume les règles de déduction fiscale pour chaque profil. La Banque de France publie régulièrement les taux officiels de tous les livrets réglementés.
Sources
- placement.meilleurtaux.com, consulté le 30/10/2026
- service-public.gouv.fr, consulté le 30/10/2026
- service-public.gouv.fr, consulté le 30/10/2026
- service-public.gouv.fr, consulté le 30/10/2026
- legifrance.gouv.fr, consulté le 30/10/2026
- urssaf.fr, consulté le 01/01/2026
- Pages officielles des établissements cités dans le tableau comparatif, consultées le 30/10/2026 (liens dans le tableau).


